Chưa xemBởi ThầyGià
Original: Vietnamien
Translated by Horangi

Histoire
La pratique du “Crâne Magique”est connue de presque tous les Vietnamiens et fait l’objet de rumeurs diverses. Elle consiste en gros à se procurer la tête d’une vierge tuée par la foudre, ou celle dont la mort survint à une certaine heure jugée opportune, puis à la rendre opérationnelle par l’incantation des mantra pendant un certain nombre de jours ou de mois. Il est dit qu’après cette procédure, la morte serait dévouée corps et âme à son maître sorcier. Elle excellerait dans les séances de divination qu’il donnerait ou dans les tâches viles qu’il lui confierait.
Mais en réalité, cette morte est incapable de quoi que ce soit, à part de terrifier les gens.

En cette ère scientifique, nombre de gens croient encore à cette pratique farfelue. Parmi eux, se trouvait Chimdada qui, en plus de croire, avait cherché à l’acquérir en offrant des présents à un moine supérieur cambodgien.
Ainsi, par une nuit et à une heure soi-disant opportune, il se rendit avec le moine dans un cimetière. Ils creusèrent la terre jusqu’au cercueil et l’ouvrirent. Le moine récita ses mantra. Pour amadouer la morte, il lui proposa de venir avec eux dans la pagode. N’y serait-elle pas mieux à écouter les prières des moines, au lieu d’errer misérablement dans le froid et la solitude ? Il lui demanda ensuite de se lever si elle était consentante. Le cadavre se redressa dans son cercueil. Chimdada lui scia donc la tête et la rapporta dans sa pagode.

Chimdada est vraiment compliqué ! Il se montre certes plein de ferveur dans sa quête de la magie, mais pourquoi choisir cette pratique diabolique ? A quoi lui sert-elle en fin de compte ? Pour gagner sa vie, il a déjà le don de la voyance. Il est réputé aussi par d’autres pouvoirs extraordinaires qui lui permettent de rendre service : guérir des maux de tête ou autre, exorciser …
En prenant chez lui cet esprit inutile, ne risquerait-il pas de passer pour un sorcier au service de la magie noire ?

Chimdada eut l’occasion de voir le Vieux Gourou et de lui parler. Il semblait plein de questionnements sur son acte. Il avait éprouvé de la pitié pour le crâne et l’avait mis sous l’autel du Bouddha. Il était inquiet pour son propre karma. Il se demandait si sa tête ne subirait pas le même sort.

Quant aux disciples du Vieux Gourou, il leur arrive souvent, pendant leurs séances de méditation, d’être contactés par les esprits des défunts à la recherche de la Voie Spirituelle. Les disciples les initient alors au culte des Dieux. Ils leur apprennent à réciter le nom du Bouddha ainsi que les mantra. Ils demandent aux Dieux de guider ces esprits dans leur apprentissage.

Il n’est nul besoin de recourir aux cadavres ou aux têtes putrides pour progresser dans la Voie Spirituelle.

Commentaire
Initialement, la Femelle au Crâne magique n’était qu’un esprit comme un autre. Enrôlée parmi les démons du sorcier, elle fut entraînée à faire le mal sous leurs ordres. Ceux-ci étaient autrefois les subordonnés d’une autorité invisible. Ils se liguaient pour commettre des méfaits et violaient ainsi les lois.
Leurs agissements ne sont pas encore tous découverts par la plus Haute Autorité du Royaume Invisible car ils savent se dissimuler. Mais ils les accroîtront progressivement et seront un jour démasqués et condamnés.
Quelqu’un qui suit un shaman dans sa pratique du Crâne magique rejoint une organisation de malfaiteurs. La Femelle au Crâne Magique, introduite par le nouveau pratiquant, n’est qu’une nouvelle recrue sans expérience ni pouvoir. Les vrais coupables qui détiennent le pouvoir sont le shaman et les troupes qui agissent derrière elle. Quant à la Femelle au Crâne Magique, elle n’a aucune capacité, sauf celle de faire peur.
Devant un tribunal invisible, le shaman est le principal coupable et le pratiquant du Crâne Magique son complice. La Femelle au Crâne Magique n’est qu’un outil entre leurs mains. Les sanctions sont en fonction de la gravité de l’acte. Le meurtre mériterait la mort; le brigandage et le vol entraîneraient des sanctions plus ou moins lourdes. D’après la peine infligée au shaman pratiquant le Crâne Magique ou à son complice ou à leur famille, on peut connaître le degré du mal accompli par les deux premiers.

Le Vieux Gourou connaît trois exemples de personnes ayant travaillé pour les déités:
— Un gourou possédait deux manuscrits d’art magique : un pour la magie blanche et un autre pour la magie noire. Pour se venger de son voisin, il jeta un sort au fils de ce dernier qui en fut mort. Peu après, son propre fils mourut subitement. Le gourou comprit qu’il récoltait le fruit de son karma. Il brûla le carnet noir et garda le carnet blanc pour en faire bon usage. Il vit au-delà de quatre-vingt-dix ans.
— Un voyant autrefois réputé à Saigon mourut, le cou scié. D’après la rumeur, il pratiquait le Crâne Magique.
— Un autre voyant était célèbre par l’exactitude de ses prédictions. La rumeur disait qu’il pratiquait la magie noire. Son épouse se mettait aussi à la voyance. Elle s’adonnait également à la physiognomie, au feng shui, réconciliait les couples mariés par l'utilisation des charmes dont elle faisait largement la publicité sur la radio et dans les journaux.
On ne sait pas si l’homme pratiquait ou non la magie noire, mais sa femme et sa fille moururent assassinées, la gorge tranchée.

Le vieux maître le 17 – Août - 2008